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Le jour J - Le repas - Etre servi ou se servir

Etre servi ou se servir

Si vous avez de l'aide, la personne de service présentera le plat à chaque invité sur sa gauche. La personne qui se sert, se tournera légèrement vers le plat, et aura ainsi la coudée franche pour manœuvrer les couverts, alors qu'il lui serait très difficile d'agir, coude droit collé au corps, si on lui présentait le plat de l'autre côté.

Pour un dîner simple, le plat sera posé sur la table et la maîtresse de maison tendra les couverts de service à la personne qui doit être servie la première. Celle-ci les passera à la personne qui doit être servie la deuxième à moins qu'elle ait une hésitation sur l'ordre de préséance, auquel cas elle reposera lesdits couverts sur le plat après en avoir fait usage.

On sert les convives dans l'ordre suivant : d'abord la dame placée à droite du maître de maison, puis celle qui est placée à sa gauche, puis les autres dames, en terminant par la maîtresse de maison. On procédera de la même facon avec les messieurs : d'abord celui qui est placé à droite de l'hôtesse puis celui qui est à sa gauche, puis les autres hommes. Le maître de maison sera toujours servi en dernier, même si son fils participe au repas : l'enfant n'est pas chez lui mais chez son père. Cette délicatesse du père qui le traite en hôte est là pour lui rappeler les devoirs que cette situation par ailleurs lui impose...

C'est encore la maîtresse de maison qui donnera le signal du départ en entamant ce qu'elle a dans son assiette, quand tout le monde sera servi. C'est dire qu'on se gardera bien, quel que soit son appétit, de se jeter sur le mets sitôt celui-ci dans son assiette : on attend que tout le monde soit servi pour commencer à manger.

. Le vin

Le vin, lui, se sert par la droite. Le convive s'écartera légèrement pour faciliter le geste du serveur. Il pourra même avoir la délicatesse de déplacer légèrement son verre dans la direction de ce dernier, mais il ne le brandira pas par dessus l'épaule de son voisin. Dans un dîner entre amis, le maître de maison peut se lever pour servir le vin. Avec une table d'une certaine importance cela évite de gêner les convives en passant le bras au-dessus de leur assiette. Le maître de maison peut aussi prier l'un de ses hôtes d'assurer le service du vin de son côté. Mais, de toutes façons c'est à un homme de veiller à ce que les verres ne soient pas vides, en particulier ceux des dames.

L'usage est pour le maître de maison de verser les premières gouttes de la bouteille dans le fond de son propre verre. Cette coutume remonte probablement à la plus haute antiquité : il 

s'agissait alors de prouver à ses hôtes que la boisson n'était pas empoisonnée. C'est le même souci qui amenait à verser un peu du contenu de sa coupe dans celle de son convive et vice versa. Quand nous trinquons, nous nous bornons à choquer les verres, mais sans y penser, nous faisons le simulacre de mêler nos boissons respectives, héritage de ces temps où chacun se méfiait des intentions de chacun.

Nous avons trouvé aujourd'hui une autre raison à cette habitude de verser d'abord quelques gouttes dans son propre verre : éliminer quelques rognures de bouchon éventuelles avant de servir ses hôtes, se réserver la possibilité aussi, de goûter le vin qu'on offre, afin de rejeter une bouteille dont le contenu ne serait pas satisfaisant, avant que tout le monde soit servi.

. Vous reprendrez bien un peu de caviaâr ?!

Si un plat doit être présenté deux fois, on le rapportera à la cuisine pour le tenir au chaud en attendant le second service. Chaque convive doit prendre garde de ne pas faire toucher au couvert de service le fond de l'assiette où il a déjà mangé : cela serait aussi désagréable pour les autres que de le voir se servir dans un plat commun avec son propre couvert, ou prendre du beurre dans un beurrier avec son propre couteau...

On repassera le plat principal, s'il s'agit d'un rôti, d'un gigot, d'un plat en sauce, etc., c'est-à-dire de toute viande dont les portions sont si largement calculées qu'il en reste toujours sur le plat après que tout le monde est convenablement servi. S'il s'agit de portions individuelles bien définies (une entrecôte, un pigeonneau) on repassera les légumes. Pour le reste (hors-d'œvvre, salade) s'il en reste dans le plat, c'est à la maîtresse de maison d'engager son hôte à se resservir s'il le désire. Elle n'insistera pas outre mesure. Surtout avec une phrase du genre : « Finissez, je vous en prie. Si vous le laissez, ce sera perdu », ou encore « C'est de bon cœur » (qui la soupçonne de régaler ses hôtes de mauvaise grâce ?). Cela reviendrait à dire qu'elle aime encore mieux que cela finisse dans votre estomac que dans sa poubelle et cela impliquerait qu'elle assimile l'un à l'autre.

On recommande parfois de refuser le fromage au cas où l'on vous inviterait à en reprendre : accepter signifiant que vous avez encore faim presque au terme du repas (donc qu'on ne vous a pas assez nourri). Pourquoi ne pas penser, tout simplement, que vous ne vous resservez que par gourmandise, parce que le fromage est excellent ?...

Le service à l'assiette

Pour un petit nombre de convives, on peut dresser les mets, non pas sur un plat qu'on fait passer ou qu'on présente à chacun, mais sur autant d'assiettes qu'on offrira toutes garnies.
Si l'on est nombreux à table, le hors-d'oeuvre préparé à l'avance de cette façon et disposé à la place de chacun, permettra d'attaquer le repas sitôt assis, au lieu d'attendre de longues minutes que le dernier soit servi.
Pour un plat chaud, l'avantage est moins évident, la répartition entre chaque assiette demande beaucoup de place à la cuisine et le temps qu'elle exige risque d'être mis à profit par les viandes pour refroidir et par les sauces pour se figer... En outre, la maîtresse de maison, si elle n'est pas aidée, se trouve mobilisée loin de ses invités et les rations réparties d'une façon égale peuvent se révéler excessives pour de petits mangeurs et insuffisantes pour les gourmands. Pour ces derniers, on apportera après quelques instants ce qui reste du plat et ils se resserviront à leur gré.

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Etre servi ou se servir
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