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Le jour J - Le repas - Suivre le protocole

Suivre le protocole

Dans tous les cas, le maître et la maîtresse de maison se feront face. Ils prendront respectivement à leur droite l'invitée et l'invité les plus importants et à leur gauche celle et celui qui viennent immédiatement après. On répartit ensuite les autres invités en alternant les sexes dans la mesure du possible. Les familiers, les convives les plus jeunes se trouvent ainsi rejetés en bout de table.

Les Anglais ont adopté un système plus astucieux : les maîtres de maison se placent toujours face-à-face à chaque extrémité de la table ; les invités que l'on tient à honorer occupant le milieu des grands côtés. Cet effacement des hôtes permet de valoriser le milieu de la table et de répartir les invités les moins importants entre les invités de marque et les amphytrions. Rien n'interdit, après tout, d'adopter cette coutume.

Si l'on avait à recevoir un personnage de très haut rang (un évêque, une altesse royale, un Chef d'État), la maîtresse de maison lui céderait la place et s'assoirait à sa gauche, laissant la droite à l'invitée qu'elle tiendrait le plus à honorer. Si ce grand personnage était de sexe féminin, ce serait au maître de maison de lui donner sa place, s'asseyant à sa gauche et donnant sa droite à l'homme qui lui en paraîtrait le plus digne.

Dans le cas d'un couple de hauts personnages (par exemple, un chef d'État et sa femme), ceux-ci prendraient tout simplement face-à-face la place des maîtres de maison.

Une veuve, un célibataire, une femme recevant en l'absence de son mari confie la place en face de la sienne à son grand fils si elle en a un, à son frère si elle l'a sous

la main, à un vieil ami... La prude étiquette du XIX siècle n'a évidemment pas prévu le cas, mais il va de soi qu'un couple dit illégitime mais qui n'a aucun motif de rougir d'une liaison qui ne porte préjudice à personne agira sans hypocrisie, comme un couple marié, surtout si le temps a consacré l'union dont il ne fait pas mystère.

D'une manière générale, vous tiendrez compte pour l'attribution des places d'honneur : de l'âge de vos convives et de leur situation sociale, s'il y a lieu, de leur qualité d'étranger ou d'hôte reçu pour la première fois. Vous prendrez donc à votre droite, Madame : un vieux monsieur, un ecclésiastique, le patron de votre mari, un Américain de passage dans votre ville, un jeune homme que vous n'avez encore jamais invité. Et vous, Monsieur : une dame âgée, la femme de votre patron, etc. Évitez simplement de convier à la fois trop de personnes qui, à des titres divers, pourraient se prévaloir de cette place d'honneur que vous ne pouvez offrir qu'à un seul...

En tous cas, si c'est vous l'invité, et que vous estimez que l'on ne vous a pas accordé la place qui vous revient, gardez-vous bien de faire la tête et encore moins un esclandre comme M. de Charlus... Pensez toujours qu'il peut y avoir une bonne raison que vous ignorez pour que la préférence soit donnée à quelque autre.

La maîtresse de maison s'assoira la première, suivie par les femmes qu'elle reçoit. Les hommes les imiteront immédiatement. Rien n'est plus désagréable pour une maîtresse de maison déjà assise que d'être obligée de supplier ses invités toujours debout par petits groupes parce que l'un a une histoire à finir, ou que l'autre qui a été resservi de whisky attend d'avoir fini son verre, de bien vouloir consentir à prendre place.

Des règles de bon sens

Dites-vous bien que la recette d'un bon plan de table n'est pas l'application à la lettre des principes qui ont été énumérés. Comptent aussi, et combien ! les affinités qui peuvent exister entre vos convives. Il s'agit de placer à proximité des gens qui ont quelque chose à se dire. C'est-à-dire qui ont des centres d'intérêt communs. Cette façon de procéder comporte un revers : si vous placez côte à côte deux philatélistes enragés, ou deux joueurs de scrabble invétérés, deux camarades de collège, deux copains de régiment, ils risquent de ne converser qu'entre eux, tout préoccupés de leur marotte ou de leurs souvenirs. Séparez-les donc à table. Ils ont certainement eu l'occasion de parler avant le dîner. Ils auront le temps de le faire après.

En revanche, soyez très attentif à placer des gens timides auprès de quelqu'un d'attentionné et de disert qui saura bien les faire parler. Agissez de même avec les personnes âgées surtout si elles ont l'ouïe un peu altérée. Rien n'est plus fatigant que de se trouver au milieu d'une conversation dont on ne saisit pas même le sens général. Un intime, aimable, prévenu de la mission dont on le charge, fera pour ces derniers un voisin idéal.

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